VALORISATION CREATIVE DU PETIT GIBIER LE PLUS PRISE
D'AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE:
L'AULACODE OU AGOUTI  
Il s’agit d’un projet agroalimentaire innovant consistant à valoriser et à diversifier les modes habituels ou
recettes traditionnelles de consommation du petit gibier le plus prisé en Afrique de
l’ouest et du centre : l’aulacode (agouti).

En effet la consommation de l’aulacode se fait traditionnellement sous la forme cuite, frite, boucanée ou fumée.
La forte promotion de l’élevage de l’aulacode en Afrique de l’ouest et du centre depuis une décennie, laisse
présager à terme des opportunités intéressantes à travers des modes ou recettes de consommation plus
élaborés et plus raffinés tels que la transformation en viande hachée, la fabrication de nems, le fumage
industriel, le séchage (à l’instar du kilishi fabriqué au sahel), la charcuterie, les grillades ou brochettes, etc.

Le caractère inédit et original de ce projet est renforcé par le fait que l’éventail de produits de charcuterie
actuellement disponible en Afrique de l’ouest et du centre est essentiellement à base de porc et dans une
certaine mesure de bœuf, de volaille, de lapin, etc.

Le concept de produit réside donc ici dans une association entre :

-la charcuterie : une denrée alimentaire appartenant à une culture culinaire étrangère (occidentale), mais
néanmoins appréciée et consommée par certaines couches de la population togolaise. Elle est essentiellement
faite à base de porc et dans une certaine mesure de bœuf, de volaille, etc. ; et

-l’aulacode : une viande de gibier typiquement africaine, parfaitement imbriquée dans les mœurs et valeurs
culinaires africaines notamment togolaises. C’est une viande très appréciée par toutes les couches sociales du
Togo, mais jamais transformée jusqu’à présent en produits de charcuterie.

Les opportunités commerciales de cette innovation sont les suivantes :

1) La place de l’aulacode dans les repas :

Selon une observation empirique, la viande d’aulacode est essentiellement consommée au moment du plat
principal (communément appelé plat de résistance), lors du déjeuner ou du dîner. Sous la forme de charcuterie,
l’aulacode pourra désormais  être consommé à tout moment aussi bien au cours du petit déjeuner, du déjeuner,
du goûter que du dîner.

Sa place pendant le repas pourra également varier : ainsi il pourra aussi bien être consommé en entrée
(jambons, saucissons, pâtés) qu’en plat de résistance (saucisse).

Cette diversification de la consommation de la viande d’aulacode pourra favoriser l’émergence de nouvelles
recettes culinaires ou l’enrichissement de celles qui existent déjà.

2) La diversification du réseau de distribution de l’aulacode :

Une transformation de l’aulacode en charcuterie fera naître un nouveau circuit de distribution de la viande
d’aulacode notamment dans les grandes surfaces où actuellement elle n’est presque pas vendue.

3) La conquête de nouveaux consommateurs :

Une transformation en charcuterie et une vente en supermarché permettrait certainement
d’attirer de nouveaux consommateurs et même de reconquérir d’anciens consommateurs découragés par le
manque d’hygiène souvent observé dans la commercialisation et la préparation de la viande d’aulacode (cas des
ventes au bord des routes ou dans les marchés).

Au rang des nouveaux consommateurs potentiels, figurent essentiellement les expatriés occidentaux,
traditionnels grands consommateurs de charcuterie mais qui ne consomment pas
l’aulacode, dans lequel ils veulent bien voir un gros rat. Cependant, la commercialisation d’une charcuterie
d’aulacode, différente par son élaboration et son raffinement du caractère rudimentaire et souvent peu
hygiénique de la viande d’aulacode fumée vendue au bord des routes, serait de nature à aider cette catégorie de
consommateurs à vaincre ses préjugés ou paradigmes.  

Valorisation du fromage peuhl